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Ça s’est passé...

« Jeunes et commerce de substances illicites : Facteurs de vulnérabilité et rôle des professionnels dans l’accompagnement »

Mardi 5 Décembre salle des Libertés à Perpignan

Ce projet d’étude est issu d’une réflexion des CEMEA (centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active) et de l’ANPAA (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie) représentées par Karine Astier et Fanny Richard qui organisent pour la troisième année une rencontre pédagogique concernant les problématiques d’addiction sur notre territoire. Ce projet de rencontre est destiné au professionnel, étudiant, ou citoyen, et il est soutenu et financé par la MIDELCA (mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives).

L’année dernière, nous avions abordé les différents niveaux de prévention. Faire la différence entre les campagnes d’information qui permettent d’informer sur les dangers des drogues et les stratégies de prévention qui permettent de changer les habitudes et de sortir de la dépendance.

En 2015, nous avions mis en avant les données épidémiologiques initiation/ancrage/addiction sur le département et expliqué les conduites addictives et les conséquences sur l’apprentissage.
Cette année, notre réflexion s’est axée sur la problématique du trafic dans notre département.

Nous vivons des injonctions constantes et contradictoires avec des informations de prévention et des publicités de débiteurs qui poussent à la consommation.
Ces dernières décennies, le marché des drogues s’est développé en même temps que l’usage de substances illicites comme le cannabis ou la cocaïne. La MDMA Ecstasy, deuxième substance illicite la plus consommée en France chez les 18-25 ans. Des micro réseaux d’usagers revendeurs impliquent un nombre croissant de personnes, difficiles à démanteler par les forces de l’ordre. Les statistiques montrent une augmentation de plus de 50% des interpellations. Des villages ou quartiers qui deviennent des plateformes tournantes où la drogue transite, discrètement.
Il existe une hiérarchie des trafics avec des « postes » précis (ex, du guetteur au revendeur). Les données policières et les observations ethnographiques montrent que l’entrée dans un réseau peut intervenir dès 10 ans.

A l’occasion de cette journée, plusieurs intervenants sont venus partager leurs connaissances.
Mme la Directrice de Cabinet de la préfecture, Mme Darrack est venue introduire la journée en insistant sur l’importance du sujet de la journée. La répression et la prévention sont complémentaires et sont aujourd’hui les outils mobilisés pour lutter contre les trafics.

Karine Astier Chargée de mission régionale – CEMEA Occitanie
a introduit la journée en rappelant les chiffres de consommation et la démarche de réflexion de cette journée thématique.

Alain Tarrius Professeur de Sociologie et d’Anthropologie Université de Toulouse
a présenté la géopolitique du trafic (drogues, prostitutions, blanchiment d’argent, armes… ) du département et de ses frontières espagnoles en rappelant les enjeux économiques d’une mafia italiano russe.
Robert Bres Psychiatre
A interrogé l’Adolescent et son rapport à la loi comme cadre essentiel dans la construction de l’identité autant dans la cellule familiale que sociétale. Le cadre donné permet « de trouver sa place d’enfant ou d’adolescent face à l’adulte ».

Christian Ben Lackdar
Maitre de conférences en économie à l’université de Lille
Après nous avoir explicité les différents rôles liés au trafic (importateurs, avocats, blanchisseurs, chef, bras droit, nourrices, chefs de vente, coupeurs, vendeurs et guetteurs) ainsi que les gains économiques associés pour chacun, Christian Ben Lackdar nous a démontré que l’activité de trafiquant est loin d’être lucrative pour tout le monde et qu’un salaire de guetteur est moins intérressant qu’un SMIC, sachant les risques encourus et que la loi et le FISC sont amenés à récupérer les biens achetés avec l’argent du trafic en cas d’arrestation.
En fin de journée, Christian Ben Lackdar nous a présenté pourquoi et comment légaliser le cannabis en France. D’un point de vue économique la répression liée à la consommation de cannabis est extrêmement couteuse, sachant que la France est l’un des pays les plus consommateurs au monde.

Fanny Richard
Chargée de prévention ANPAA 66

Elisa Candoret
Psychologue
S’appuyant sur une expérience réalisée dans le département, l’intervention a permis d’interroger la posture professionnelle dans le cadre d’un travail auprès de jeunes concernés par l’activité de trafic. Un travail dont l’importance se situe dans la rencontre et le non jugement.

Karima Esseki
Educatrice à la protection judiciaire de la jeunesse
Nous a fait partager son expérience éducative auprès des jeunes sur la Seine Saint Denis et Villejuif. Karima Esseki insiste sur l’importance de communiquer et de pouvoir parler en toute confiance sur l’implication individuelle dans le trafic à l’aide d’outils (vidéos, questionnaires, etc…). Ainsi, elle travaille sur la question du choix de vie des personnes et favorise la réduction des risques et la prévention.

Chrystell Magin
Artiste intervenante auprès de publics fragilisés
Les ateliers artistiques que mène Chrystell avec le public (PJJ, Foyer de vie, Prison…) lui permettent de rentrer dans la « bulle des jeunes » et de leur offrir un espace d’expression différent dans un espace parfois restreint. Les ateliers et leur cadre de fonctionnement permet à chacun d’apprendre à se découvrir dans le collectif et de travailler l’estime de soi.

La pluridisciplinarité des intervenants a permis une approche globale pour saisir la complexité de la problématique (L’approche sociétale et institutionnelle, le rapport à la loi, le rapport au travail, à l’argent, l’individu, le groupe, le quartier, les pratiques professionnelles et outils de médiation) et d’amener une réflexion et des outils pour les professionnels présents. La mobilisation de l’ensemble des structures accueillant les jeunes apparaît comme nécessaire notamment au vue de l’évolution de nouveaux commerces (drogues chimiques, médicaments codéinés, psychotropes, …) impliquant de plus en plus de personnes du département. La journée a rassemblé environ 100 professionnels et citoyens.

Propos recueillis par Karine Astier (CEMEA) – Fanny Richard (ANPAA 66)

CEMEA LR
Clos Barlet 501 rue Métairie de Saysset CS 10033 - 34078 Montpellier Cedex 3
Tél. : 04 67 04 35 60

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